Moteur de recherche N° 434 Juillet 2010 page 47

Copropriété › Lot › Vente

Lot – Vente – Superficie – Loi Carrez – Notaire – Responsabilité – Préjudice indemnisable

(Cass. civ. 1re, 25 mars 2010)

“La Cour :
Sur le moyen unique :
Vu l’article 1382 du Code civil ;
Attendu que par acte authentique des 12 et 19 décembre 2003, dressé par M. Jacquin, notaire associé de la SCP Louis-Marc Jacquin, la société Saint Augustin Portalis a vendu les lots 112 et 113 de la copropriété d’un immeuble à la société Saint Honoré Portalis ; que celle-ci, ayant fait constater que les superficies des deux lots étaient inférieures à celles mentionnées dans l’acte de vente, a introduit à l’encontre de la société venderesse une action en diminution du prix sur le fondement de l’article 46 de la loi du 10 juillet 1965 modifiée et a assigné la SCP notariale en garantie du paiement des sommes dues par le société Saint Augustin Portalis au titre de la condamnation à intervenir ;
Attendu que pour débouter la société Saint Honoré Portalis de sa demande à l’encontre de la SCP Louis-Marc Jacquin, l’ar- rêt retient, par motifs propres, que M. Jacquin a mentionné les surfaces selon la déclaration du vendeur, que les travaux réalisés par celui-ci n’ont pas suivi les plans établis par l’architecte, que le notaire reçoit la déclaration de surface telle qu’af- firmée par le vendeur et n’est tenu ni à vérification ni à injonction au vendeur de se faire assister d’un professionnel, que les plans communiqués par un géomètre n’étaient pas des plans relatifs aux surfaces calculées selon la loi Carrez et que la sur- face moindre ne donnant lieu qu’à réduction de prix, toute demande d’indemnisation, en l’absence de dol démontré, ne peut qu’être rejetée, et, par motifs adoptés, que le notaire ne saurait être tenu à la garantie de la restitution de prix trop perçu ; Qu’en se déterminant ainsi, d’une part, sans rechercher si, au vu des documents qui lui avaient été communiqués, le notaire n’avais pas disposé d’éléments de nature à le faire douter de l’exactitude des surfaces déclarées par la société venderesse et, partant, avait rempli son obligation d’attirer l’attention des parties sur l’incidence juridique d’une éventuelle moindre mesure, au regard des dispositions de l’article 46 de la loi no 65-557 du 10 juillet 1965 modifiée et de l’article 4-3 du décret no 67-223 du 17 mars 1967 modifié, et, d’autre part, sans se prononcer sur l’impossibilité pour la société créancière d’obte- nir la restitution partielle du prix par suite de l’insolvabilité invoquée de la société Saint Augustin Portalis, qui était suscep- tible d’obliger le notaire à garantir cette restitution, la Cour d’appel n’a pas donné de base légale à sa décision au regard du texte susvisé ;
Par ces motifs :
Casse et annule”.

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